{"id":2632,"date":"2019-12-25T19:52:49","date_gmt":"2019-12-25T16:52:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.meshaal.org\/?p=2632"},"modified":"2020-05-12T23:25:00","modified_gmt":"2020-05-12T20:25:00","slug":"%d8%a8%d9%88%d8%b2%d9%86%d9%8a%d8%a9-%d9%84%d8%ae%d8%b6%d8%b1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/2019\/12\/25\/%d8%a8%d9%88%d8%b2%d9%86%d9%8a%d8%a9-%d9%84%d8%ae%d8%b6%d8%b1\/","title":{"rendered":"BOUZENIA Lakhdar"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Nom&nbsp;:<\/strong> BOUZENIA<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9nom&nbsp;: <\/strong>Lakhdar<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Date de naissance (ou \u00e2ge)<\/strong>&nbsp;: 14 janvier 1955 \u00e0 El-Kennar (Jijel)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Etat-civil<\/strong>&nbsp;<strong>: <\/strong>mari\u00e9&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nombre d\u2019enfants&nbsp;:<\/strong> 5<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Profession&nbsp;: <\/strong>professeur d&#8217;arabe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adresse&nbsp;: <\/strong>Jijel<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Date de l\u2019arrestation&nbsp;:<\/strong> 24 mai 1993 (Disparition 27 octobre 1993)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Heure&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lieu de l\u2019arrestation&nbsp;: <\/strong>Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 un barrage de la gendarmerie mais disparu de la prison<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Agents responsables de l\u2019arrestation&nbsp;:<\/strong> S\u00e9curit\u00e9 militaire et gendarmes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 des faits&nbsp;:<\/strong> Ag\u00e9 de 38 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re de 5 enfants, professeur d&#8217;arabe dans un lyc\u00e9e, il est arr\u00eat\u00e9 le 24 mai 1993 \u00e0 un barrage de la gendarmerie et transf\u00e9r\u00e9 dans diff\u00e9rents centres de d\u00e9tention secrets, il est sauvagement tortur\u00e9. Il finit par \u00eatre inculp\u00e9 par un juge d&#8217;instruction. D\u00e9tenu \u00e0 la prison de Jijel, il doit \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Constantine le 27 octobre 1993 dans l&#8217;attente de son proc\u00e8s qui doit avoir lieu le 17 novembre 1993. Extrait de la prison, il dispara\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9marches entreprises par la famille&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Ministre de la Justice<\/li><li>Procureur pr\u00e9s la Cour de Jijel<\/li><li>Pr\u00e9sident de l&#8217;ONDH de l&#8217;\u00e9poque<\/li><li>Pr\u00e9sident de la ligue alg\u00e9rienne des droits de l&#8217;homme<\/li><li>Amnesty international<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Observations&nbsp;: <\/strong>le village compte plus de 100 disparus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>T\u00e9moignage de la famille<\/strong>&nbsp;<strong>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Disparition de Lakhdar Bouzenia au mois d&#8217;octobre 1993<\/p>\n\n\n\n<p>Lakhdar Bouzenia, n\u00e9 le 14 janvier 1955 \u00e0 El-Kennar, mari\u00e9 et p\u00e8re de 05 enfants, \u00e9tait professeur de litt\u00e9rature arabe au lyc\u00e9e de Sidi-Abdelaziz dans la wilaya de Jijel. Il \u00e9tait \u00e9lu du FIS (Front islamique du salut) au premier tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives en d\u00e9cembre 1991 dans la circonscription de Chekfa.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 24 mai 1993, il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 un barrage de la gendarmerie dans la localit\u00e9 d\u2019El-Acer dans la wilaya de Jijel. Port\u00e9 disparu pendant plus d\u2019un mois, il r\u00e9appara\u00eet au tribunal d\u2019El-Milia au moment d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 au juge d\u2019instruction. Il est m\u00e9connaissable en raison des tortures subies. Il ne tient pas debout. Les traces de sa \u00ab crucifixion \u00bb sont encore visibles sur ses mains et ses pieds.<\/p>\n\n\n\n<p>Le juge, qui pourtant peut constater l\u2019\u00e9tat dans lequel il se trouve, refuse de le faire examiner par un m\u00e9decin ou de l\u2019envoyer dans un h\u00f4pital. Il l\u2019inculpe pour \u00ab constitution et appartenance \u00e0 une organisation terroriste \u00bb et \u00ab atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Etat \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses cod\u00e9tenus racontent qu\u2019il a transit\u00e9 par plusieurs centres de torture tenus par le DRS (secteur militaire de Jijel, CTRI de Constantine) et la gendarmerie nationale (brigades El-Ancer, El Milia, Settara et El-Ouana).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat de Jijel o\u00f9 il est d\u00e9tenu jusqu\u2019au 27 octobre 1993. Sa famille lui rend r\u00e9guli\u00e8rement visite et peut constater qu\u2019il n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la torture en prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 27 octobre 1993, il doit \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de Constantine dans l\u2019attente de son proc\u00e8s pr\u00e9vu pour le 17 novembre 1993. A deux reprises il est question de l\u2019emmener la prison de Constantine en compagnie d\u2019autres prisonniers, mais ces ordres sont annul\u00e9s au dernier moment. Finalement, il est transport\u00e9 seul dans un fourgon de gendarmerie, escort\u00e9 par 9 v\u00e9hicules, alors que le transfert de prisonniers est habituellement collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019administration p\u00e9nitentiaire de Constantine d\u00e9clare ne jamais avoir admis Lakhadar Bouzenia. Extrait vers 11h de la prison de Jijel, il dispara\u00eet donc par la suite. La famille pense qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 lors de ce transfert.<\/p>\n\n\n\n<p>La presse \u00e9crite du 31 0ctobre 1993 rapporte quant \u00e0 elle un communiqu\u00e9 des forces de s\u00e9curit\u00e9 faisant \u00e9tat de l\u2019\u00e9limination d\u2019un terroriste notoire du nom de Lakhdar Bouzenia, abattu au lieu dit Taskift \u00e0 une dizaine de km \u00e0 l\u2019est de la ville d\u2019El-Milia. Le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 de 20H se fait l\u2019\u00e9cho de cette information en rapportant que les forces de s\u00e9curit\u00e9 ont r\u00e9alis\u00e9 un important exploit en neutralisant un dangereux terroriste r\u00e9pondant au nom de Lakhdar Bouzenia. Or \u00e0 ce moment ce dernier se trouve entre les mains des autorit\u00e9s du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de son proc\u00e8s, le 17 novembre 1993, le tribunal fait appeler le pr\u00e9venu Lakhdar Bouzenia puisque selon le dossier, il est sens\u00e9 \u00eatre sous le contr\u00f4le de la Justice. Le procureur murmure alors des propos dans l\u2019oreille du pr\u00e9sident de la Cour qui devient tr\u00e8s nerveux. Apr\u00e8s un long silence, les juges se retirent pour d\u00e9lib\u00e9ration. A leur retour, ils prononcent le verdict suivant : \u00ab non lieu par suite du d\u00e9c\u00e8s du pr\u00e9venu \u00bb !<\/p>\n\n\n\n<p>La famille a tout fait pour conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, r\u00e9cup\u00e9rer son cadavre ou m\u00eame pour prendre connaissance du lieu de son enterrement, en vain.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a saisi le procureur g\u00e9n\u00e9ral de Jijel, le ministre de la justice, le directeur de la prison de Jijel qu\u2019elle tient responsables de cet assassinat. Mais aucun d\u2019entre eux n\u2019a jamais r\u00e9pondu. Le responsable du parquet de Jijel (portant tutelle imm\u00e9diate de l\u2019\u00e9tablissement p\u00e9nitencier et ayant sign\u00e9 l\u2019ordre de transfert), accul\u00e9 par la famille du disparu, est all\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 dire que cette affaire le d\u00e9passe et qu\u2019il ne peut rien faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de l\u2019application de la charte sur la paix et la r\u00e9conciliation nationale, une demande de recherche de disparu est adress\u00e9e, comme le stipulent les textes r\u00e9glementaires, \u00e0 la brigade de gendarmerie nationale territorialement comp\u00e9tente. Un rappel est envoy\u00e9 \u00e0 la m\u00eame brigade avec notification \u00e0 la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l\u2019homme (CNCPPDH) pr\u00e9sid\u00e9e par Me Ksentini. Mais ni la wilaya de Jijel, ni la gendarmerie ou l\u2019instance pr\u00e9sid\u00e9e par Me Ksentini n\u2019ont daign\u00e9 r\u00e9pondre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nom&nbsp;: BOUZENIA Pr\u00e9nom&nbsp;: Lakhdar Date de naissance (ou \u00e2ge)&nbsp;: 14 janvier 1955 \u00e0 El-Kennar (Jijel) Etat-civil&nbsp;: mari\u00e9&nbsp; Nombre d\u2019enfants&nbsp;: 5 Profession&nbsp;: professeur d&#8217;arabe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Adresse&nbsp;: Jijel Date de l\u2019arrestation&nbsp;: 24 mai 1993 (Disparition 27 octobre 1993) Heure&nbsp;: Lieu de l\u2019arrestation&nbsp;: Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 un barrage de la gendarmerie mais disparu de la prison Agents responsables de l\u2019arrestation&nbsp;: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3186,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-2632","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-victimes-de-disparitions-forcees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2632"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2632\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3899,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2632\/revisions\/3899"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3186"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}