{"id":2549,"date":"2019-12-25T17:44:05","date_gmt":"2019-12-25T14:44:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.meshaal.org\/?p=2549"},"modified":"2020-05-12T20:39:16","modified_gmt":"2020-05-12T17:39:16","slug":"bourefis-tahar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/2019\/12\/25\/bourefis-tahar\/","title":{"rendered":"BOUREFIS Tahar"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Nom&nbsp;:<\/strong> BOUREFIS<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9nom&nbsp;: <\/strong>Tahar<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Date de naissance (ou \u00e2ge)<\/strong>&nbsp;: 16 d\u00e9cembre 1936 \u00e0 Texanna (Jijel)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Etat-civil<\/strong>&nbsp;<strong>:<\/strong> Mari\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nombre d\u2019enfants&nbsp;:<\/strong> 10<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Profession&nbsp;:<\/strong> Enseignant de Coran &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adresse&nbsp;: <\/strong>Emir Abdelkader, Jijel<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Date de l\u2019arrestation&nbsp;:<\/strong> 23 ao\u00fbt 1996<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Heure&nbsp;: <\/strong>2h<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lieu de l\u2019arrestation&nbsp;: <\/strong>Domicile familial<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Agents responsables de l\u2019arrestation&nbsp;:<\/strong> militaires<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 des faits&nbsp;:<\/strong> Tahar BOUREFIS, \u00e2g\u00e9 de 60 ans, mari\u00e9, enseignant de Coran, demeurant dans le village de Emir Abdelkader, wilaya de Jijel, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le 23 ao\u00fbt 1996 \u00e0 2h du matin par des militaires qui l&#8217;ont embarqu\u00e9 avec une vingtaine d&#8217;autres habitants du village. Il a \u00e9t\u00e9 retenu durant au moins quelques jours au secteur militaire op\u00e9rationnel de Jijel. Puis la famille n&#8217;a plus eu de nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lieu (x) o\u00f9 la personne disparue a \u00e9t\u00e9 localis\u00e9e&nbsp;\u00e9ventuellement :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>si\u00e8ge du secteur militaire op\u00e9rationnel de Jijel (caserne des services de renseignements sous le commandement de Mr LEBBAH Salah) le m\u00eame jour<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9marches entreprises par la famille&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Plainte pour enl\u00e8vement d\u00e9pos\u00e9e par sa famille.<\/li><li>Lettres \u00e0 la CNCPPDH, Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, procureur de la R\u00e9publique, procureur militaire et diff\u00e9rents ministres.<\/li><li>Lettre au groupe de travail sur les disparitions forc\u00e9es au niveau de l&#8217;ONU, diff\u00e9rentes organisations de d\u00e9fense des droits de l&#8217;homme.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Observations&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le village compte plus de 40 disparus.<\/li><li>le fils Bachir a disparu lui aussi le 22 d\u00e9cembre 1996 apr\u00e8s son arrestation \u00e0 la gendarmerie de la commune Emirabdelkader.<\/li><li>le fils Boualem avait entam\u00e9 le 10 septembre 1996 un stage pour adjudants p\u00e9nitenciers, au niveau de l\u2019annexe de l\u2019\u00e9cole nationale de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire situ\u00e9e \u00e0 Kasr-chellala (w. de Tiaret).il fut exclu du stage le 19 janvier 1997 apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement de l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par la gendarmerie de son domicile et qui concernait ses ant\u00e9c\u00e9dents personnels et familiaux. C\u2019est pourquoi Boualem avait eu recours \u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire (DGAP) \u00e0 Alger ou il a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que le r\u00e9sultat de l\u2019enqu\u00eate \u00e9tait&nbsp; n\u00e9gatif (appartenance au parti dissout et membre d\u2019une famille sympathisante avec les groupes terroristes) et de l\u2019impossibilit\u00e9 de sa r\u00e9int\u00e9gration.<\/li><li>le fils Slimane a fait l\u2019objet d\u2019une arrestation par la gendarmerie (6 gendarmes entre autres le nomm\u00e9 Mustapha)&nbsp; de la commune Emirabdelkader le mercredi 12 mars 1997 vers 19h \u00e0 son domicile , il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 au si\u00e8ge de cette gendarmerie dans des conditions \u00e9pouvantables , il a subit par Mustapha et Said GUEHAM le brigadier chef des tortures sauvages physiques et psychiques entre autres (l\u2019\u00e9preuve du chiffon ,les bastonnades,les flagellation,la faim, la soif,les insultes \u2026etc.),ces pratiques visaient \u00e0 obliger Slimane \u00e0 impliquer \u00e0 tort un autre d\u00e9tenu (HOULI Mohamed) dans le soutien des groupes terroristes. Slimane fut lib\u00e9r\u00e9 avec Mohamed le mercredi 26 mars 1997 dans une situation lamentable.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>T\u00e9moignage de la famille<\/strong>&nbsp;<strong>:<\/strong> (L&#8217;\u00e9pouse)<\/p>\n\n\n\n<p>Mon mari Tahar occupait la fonction d&#8217;enseignant de Coran \u00e0 la mosqu\u00e9e d&#8217;El Islah, village El-Ayaycha, dans la commune de Kaous (Jijel). L&#8217;histoire de sa disparition remonte \u00e0 la nuit de 22 au 23 ao\u00fbt 1996 \u00e0 2h du matin o\u00f9 toute la famille fut r\u00e9veill\u00e9e par des coups violents \u00e0 la porte donnant sur une cour devant notre domicile. Sans attendre l&#8217;ouverture de la porte, les \u00e9l\u00e9ments de l&#8217;ANP (Arm\u00e9e nationale populaire) ont franchi rapidement le mur de la cour et voyant la fen\u00eatre de la chambre o\u00f9 dormait mon fils Bilal ouverte, ils ont orient\u00e9 leurs armes (kalachnikovs) sur lui, lui ordonnant d&#8217;ouvrir la seconde porte. J&#8217;ai ouvert cette porte et imm\u00e9diatement toute la maison fut envahie par les militaires qui cherchaient Tahar. Ils ont v\u00e9rifi\u00e9 sa carte d&#8217;identit\u00e9 et lui ont demand\u00e9 de les accompagner. Ils nous ont assur\u00e9s qu&#8217;il sera lib\u00e9r\u00e9 le lendemain vers 10h. Les circonstances m&#8217;ont \u00e0 tel point traumatis\u00e9 que j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 prise d&#8217;un vertige. Cependant j&#8217;ai rassembl\u00e9 mes forces et je suis sortie pour suivre les militaires jusqu&#8217;au centre du village, juste en face du si\u00e8ge de la gendarmerie nationale o\u00f9 j&#8217;ai vu les militaires faire monter Tahar et une vingtaine d&#8217;autres hommes enlev\u00e9s, tous habitants du m\u00eame village, dans un bus civil.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai aper\u00e7u Monsieur BOUDJDIR Abdelkader conduisant le bus, escort\u00e9 par deux v\u00e9hicules militaires de type 4&#215;4 qui prirent la route vers Jijel centre. Je suis retourn\u00e9e chez moi tandis que les v\u00e9hicules ont continu\u00e9 la route jusqu&#8217;au si\u00e8ge du secteur militaire op\u00e9rationnel de Jijel. Les hommes enlev\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9s \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur alors que le chauffeur de bus a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement lib\u00e9r\u00e9 avec le bus. Le lendemain matin, j&#8217;ai contact\u00e9 le chauffeur de bus qui avait \u00e9t\u00e9 contraint de conduire les personnes arr\u00eat\u00e9es puis je suis all\u00e9e au secteur militaire op\u00e9rationnel de Jijel (situ\u00e9 en face de l&#8217;\u00e9cole param\u00e9dicale) afin de r\u00e9clamer la lib\u00e9ration de Tahar et de connaitre les raisons de son enl\u00e8vement. Les militaires ont ni\u00e9 leur responsabilit\u00e9 dans la rafle et sa d\u00e9tention \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de leurs locaux. Pourtant apr\u00e8s 4 mois, deux des personnes enlev\u00e9es dans la m\u00eame nuit (messieurs BOUATROUS Mesaoud et Rachid)&nbsp; ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9es et m&#8217;ont confirm\u00e9 que mon mari avait \u00e9t\u00e9 avec eux pendant une nuit dans la m\u00eame cellule. Ils ont \u00e9t\u00e9 par la suite s\u00e9par\u00e9s. Depuis, je n&#8217;ai plus eu aucune information sur le sort de Tahar. Mon mari avait \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 de son travail un an avant son enl\u00e8vement pour \u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 son poste un mois plus tard.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nom&nbsp;: BOUREFIS Pr\u00e9nom&nbsp;: Tahar Date de naissance (ou \u00e2ge)&nbsp;: 16 d\u00e9cembre 1936 \u00e0 Texanna (Jijel) Etat-civil&nbsp;: Mari\u00e9 Nombre d\u2019enfants&nbsp;: 10 Profession&nbsp;: Enseignant de Coran &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Adresse&nbsp;: Emir Abdelkader, Jijel Date de l\u2019arrestation&nbsp;: 23 ao\u00fbt 1996 Heure&nbsp;: 2h Lieu de l\u2019arrestation&nbsp;: Domicile familial Agents responsables de l\u2019arrestation&nbsp;: militaires R\u00e9sum\u00e9 des faits&nbsp;: Tahar BOUREFIS, \u00e2g\u00e9 de 60 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3168,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-2549","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-victimes-de-disparitions-forcees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2549"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3854,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549\/revisions\/3854"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3168"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2549"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2549"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meshaal.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2549"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}